Un bonheur si fragile

«— Laisse-moi finir ce que j’ai à te dire, le coupa Napoléon. Moi, je te donne pas ma fille pour qu’elle mange de la misère, tu m’entends?— Oui, monsieur Joyal.— Les frères de Corinne laisseront personne la maganer, poursuivit Napoléon.— Je comprends ça.— Chez nous, il y a pas d’ivrogne et encore moins de paresseux. Si tu penses que t’es pas fait pour Corinne, il est encore pas trop tard pour reculer. On t’en voudra pas.» Dans le Québec rural de 1901, la vie est rythmée par les saisons. Alors que fidélité, piété et entraide sont des vertus encouragées par le clergé tout-puissant, Corinne Joyal n’aurait jamais cru qu’en épousant Laurent Boisvert, elle allait faire son entrée dans une famille où l’argent et l’égoïsme sont rois. La jeune femme découvrira rapidement que le fils de Gonzague Boisvert est un grand charmeur fainéant et irresponsable. Dans son village d’adoption, Corinne fera la rencontre de personnages attachants comme Rosaire, un adolescent orphelin, Juliette, la sœur de Laurent, et Jocelyn Jutras, un voisin toujours prêt à aider. Au fil des mois, la nouvelle mariée, volontaire et déterminée, apprendra à se défendre autant des excès de son mari que de l’avarice de son beau-père.